Maurice,
Voilà, les ambitieux et autres établisseurs d'objectifs, les move on men, les illuminés de l'avenir me sont insupportables tout autant qu'ils sont, tout contents qu'ils soient.
Font chier. Laissez-moi branler.
Regarder devant soi, je veux bien, mais ça empêche de voir où on met les pieds et de ramasser la merde qu'on laisse derrière soi.
Bonheur, bonheur, bonheur : ils n'ont que ce mot à la bouche. Courez, courez, courez je dis, votre bonheur est une carotte. Ce n'est pas le mien. Avancer, avancer, il faut toujours avancer, répètent-ils. Allez, n'hésitez pas, atteignez vos objectifs, vous n'aurez qu'à en fixer un autre, puis un autre, puis un autre... Épuisez-vous sans vous fatiguer. Plus loin, plus fort, plus vite, just do it. Plus de joie, plus d'amis, plus de sexe : davantage de pourquoi. Vous êtes la chatte qui court après sa queue, le Sisyphe condamné à son rush.
Respirez, soufflez que diable, vous m'étourdissez!
Allez, plus que 1084 paragraphes.
dimanche 21 octobre 2007
mercredi 19 septembre 2007
Du fol usage, paragraphe 20 : de la chimie, de la physique et autres considérations de la langue de l'amour
Maurice,
Prenons l'axiome suivant, lieu commun s'il en est un.
Je ne saurais dire si cette expression t'as déjà dynamité par sa vacuité (en fait, on s'en fout un peu, on n'ose jamais imaginer les amours d'un grammairien), mais de mon côté, ça me laisse pantois, coi quoi. Oh non! pas nécessairement déçu, la nana qui dit ça peut bien aller voir ailleurs si j'y suis (j'y suis pas, t'inquiète, mais ne le dit pas). C'est que, bon, je comprends pas, c'est tout. Pas que je n'entends pas. C'est plutôt... pourquoi parler de chimie entre deux personnes, hein? Pourquoi pas biologie auprès, biochimie dedans? T'as une réponse?
Bref, je me demande.
Considérons donc la définition de chimie que me donne mon ami Bob :
Ça éclaire peu, tout de même. Bon, avec un peu d'imagination et d'esprit (tordu), je peux bien faire un rapprochement vaseux, mais je suis pas davantage renseigné sur le pertinence de entre. Chimie, c'est pas un verbe tout de même! Et puis bon, les prépositions, c'est l'amour même : auprès, dessus, dessous, sur, sous, dans, on n'en sort pas (ou enfin on veut pas en sortir, parfois, c'est compliqué, je t'expliquerai).
Quand je comprends pas, une seule explication : c'est la faute de l'anglais. C'est comme ça ici. Blame it on the Anglos.
Justement, que nous dit le Merriam-Webster à propos de chemistry?
Qu'est-ce que j'avais dit, hein? J'avais pas raison? D'aucuns m'accuseront de tomber dans le raisonnement post hoc (et dans l'abus des italiques), mais faut pas se préoccuper des détails.
Enfin bref, nul doute que la prochaine qui trouve qu'on n'a pas de « strong mutual attraction » peut bien aller se faire foutre (par quelqu'un d'autres, pas de doute à ce propos). Je me rapproche pas de celles qui pensent l'amour dans (et avec) une autre langue.
Non, selon ma langue, cette nana et moi ne pouvions assurément pas avoir d'atomes crochus. En français, ce qui est au poil, c'est qu'on parle en termes de physique lorsqu'on doit se mettre à poil.
Cela dit, j'ai pas vraiment une dent contre la chemistry de l'anglais. Le ROC peut bien aimer la chimie organique, j'ai pas détesté synthétiser pour la première fois des huiles essentielles (et fondamentales) au collège, mais la chimie organique ne sera jamais la chimie des organes, moi je dis, question d'étymologie.
Non, la physique et ses atomes crochus, sa mécanique des fluides, sa gravité, ses frictions, son inertie, son espace-temps, y'a que ça pour décrire l'amour.
Allez, plus que 1085 paragraphes.
Prenons l'axiome suivant, lieu commun s'il en est un.
Il n'y a pas de chimie entre nous.
Je ne saurais dire si cette expression t'as déjà dynamité par sa vacuité (en fait, on s'en fout un peu, on n'ose jamais imaginer les amours d'un grammairien), mais de mon côté, ça me laisse pantois, coi quoi. Oh non! pas nécessairement déçu, la nana qui dit ça peut bien aller voir ailleurs si j'y suis (j'y suis pas, t'inquiète, mais ne le dit pas). C'est que, bon, je comprends pas, c'est tout. Pas que je n'entends pas. C'est plutôt... pourquoi parler de chimie entre deux personnes, hein? Pourquoi pas biologie auprès, biochimie dedans? T'as une réponse?
Bref, je me demande.
Considérons donc la définition de chimie que me donne mon ami Bob :
Science de la constitution des divers corps, de leurs transformations et de leurs propriétés.
Ça éclaire peu, tout de même. Bon, avec un peu d'imagination et d'esprit (tordu), je peux bien faire un rapprochement vaseux, mais je suis pas davantage renseigné sur le pertinence de entre. Chimie, c'est pas un verbe tout de même! Et puis bon, les prépositions, c'est l'amour même : auprès, dessus, dessous, sur, sous, dans, on n'en sort pas (ou enfin on veut pas en sortir, parfois, c'est compliqué, je t'expliquerai).
Quand je comprends pas, une seule explication : c'est la faute de l'anglais. C'est comme ça ici. Blame it on the Anglos.
Justement, que nous dit le Merriam-Webster à propos de chemistry?
A strong mutual attraction, attachment, or sympathy.
Qu'est-ce que j'avais dit, hein? J'avais pas raison? D'aucuns m'accuseront de tomber dans le raisonnement post hoc (et dans l'abus des italiques), mais faut pas se préoccuper des détails.
Enfin bref, nul doute que la prochaine qui trouve qu'on n'a pas de « strong mutual attraction » peut bien aller se faire foutre (par quelqu'un d'autres, pas de doute à ce propos). Je me rapproche pas de celles qui pensent l'amour dans (et avec) une autre langue.
Non, selon ma langue, cette nana et moi ne pouvions assurément pas avoir d'atomes crochus. En français, ce qui est au poil, c'est qu'on parle en termes de physique lorsqu'on doit se mettre à poil.
Cela dit, j'ai pas vraiment une dent contre la chemistry de l'anglais. Le ROC peut bien aimer la chimie organique, j'ai pas détesté synthétiser pour la première fois des huiles essentielles (et fondamentales) au collège, mais la chimie organique ne sera jamais la chimie des organes, moi je dis, question d'étymologie.
Non, la physique et ses atomes crochus, sa mécanique des fluides, sa gravité, ses frictions, son inertie, son espace-temps, y'a que ça pour décrire l'amour.
Allez, plus que 1085 paragraphes.
mercredi 29 août 2007
Du fol usage, paragraphe 19 : des particularités des sites de nouvelles en ligne
En manchette aujourd'hui :
On trouvera sur la pierre d'assise la mention suivante : « Prison érigée en l'honneur de nos agresseurs disparus ».
Tu t'étonnes qu'on n'ait pas déjà crié au scandale.
Tu te ravises, la colère ne t'es pas réservée.
Allez, plus que 1086 paragraphes.
Québec planifie l'ouverture d'une prison dédiée aux agresseurs.
On trouvera sur la pierre d'assise la mention suivante : « Prison érigée en l'honneur de nos agresseurs disparus ».
Tu t'étonnes qu'on n'ait pas déjà crié au scandale.
Tu te ravises, la colère ne t'es pas réservée.
Allez, plus que 1086 paragraphes.
lundi 27 août 2007
Du fol usage, paragraphe 18 : de la langue en bouche
Momo,
J'aime ma langue et encore plus la partager quand on me donne l'occasion d'insérer un zeugme d'entrée de jeu. Pas qu'elle soit plus belle que les autres, bien sûr que non, j'oserais pas porter de tels jugements de valeur en public, mais en privé, l'âme nue (l'âme, dis-je), c'est une langue belle aux mouvements si féconds.
J'aime pas quand les gens disent qu'ils se mettent un pied dans la bouche, c'est les anglos qui font ça, nous on se met les pieds dans les plats. Il faut se rendre à l'évidence : c'est du propre. Il y a bien sûr de mauvaises langues qui diraient que ce qui se trouve dans les plats se retrouve nécessairement dans la bouche et que, bref, le français n'est pas plus propre, mais je dirais à ces gens holà! Se mettre les pieds dans les plats demande beaucoup moins de contorsions que faire de même dans la bouche. Et en matière de langue, qui dit contorsions dit circonvolutions dit complications.
Ma langue n'est pas mal embouchée et ne s'embouche pas, qu'on se le dise.
Allez, plus que 1087 paragraphes.
J'aime ma langue et encore plus la partager quand on me donne l'occasion d'insérer un zeugme d'entrée de jeu. Pas qu'elle soit plus belle que les autres, bien sûr que non, j'oserais pas porter de tels jugements de valeur en public, mais en privé, l'âme nue (l'âme, dis-je), c'est une langue belle aux mouvements si féconds.
J'aime pas quand les gens disent qu'ils se mettent un pied dans la bouche, c'est les anglos qui font ça, nous on se met les pieds dans les plats. Il faut se rendre à l'évidence : c'est du propre. Il y a bien sûr de mauvaises langues qui diraient que ce qui se trouve dans les plats se retrouve nécessairement dans la bouche et que, bref, le français n'est pas plus propre, mais je dirais à ces gens holà! Se mettre les pieds dans les plats demande beaucoup moins de contorsions que faire de même dans la bouche. Et en matière de langue, qui dit contorsions dit circonvolutions dit complications.
Ma langue n'est pas mal embouchée et ne s'embouche pas, qu'on se le dise.
Allez, plus que 1087 paragraphes.
lundi 20 août 2007
Le fol usage, paragraphe 17 : des pauses inutiles
Maurice,
Bon, me revoilà, pas la peine de me faire la leçon, comme sujet à vif j'irai au vif du sujet : la pause aura été inutile, j'en ai bien peur, mais n'aie aucune crainte, je saurai garder l'incohérence du propos et la longueur des phrases plus ou moins bien correctement ponctuées. Tu sais, parfois on dit qu'on prend du recul pour prendre de l'élan, mais c'est complètement naze comme façon de penser, on prend du recul pour reculer et, physiquement parlant, on doit interrompre l'élan pour reculer; on ne me la fait pas, pour briser l'inertie, il faut de la friction et par conséquent j'espère que t'es pas trop brouillé avec moi. CQFD.
La pause aura été inutile, donc, car il ne s'est rien passé dans les dernières semaines qui a véritablement pu m'empêcher de t'écrire, ni femme ni flamme ni flemme ni paronymes (quelque mauvaises ces raisons fussent-elles). Tu voudras bien m'en excuser.
À très bientôt
Allez, plus que 1088 paragraphes.
Bon, me revoilà, pas la peine de me faire la leçon, comme sujet à vif j'irai au vif du sujet : la pause aura été inutile, j'en ai bien peur, mais n'aie aucune crainte, je saurai garder l'incohérence du propos et la longueur des phrases plus ou moins bien correctement ponctuées. Tu sais, parfois on dit qu'on prend du recul pour prendre de l'élan, mais c'est complètement naze comme façon de penser, on prend du recul pour reculer et, physiquement parlant, on doit interrompre l'élan pour reculer; on ne me la fait pas, pour briser l'inertie, il faut de la friction et par conséquent j'espère que t'es pas trop brouillé avec moi. CQFD.
La pause aura été inutile, donc, car il ne s'est rien passé dans les dernières semaines qui a véritablement pu m'empêcher de t'écrire, ni femme ni flamme ni flemme ni paronymes (quelque mauvaises ces raisons fussent-elles). Tu voudras bien m'en excuser.
À très bientôt
Allez, plus que 1088 paragraphes.
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